TÉMOIGNAGE - INFIRMIERE & SECOURISTE EN MER

Acteurs du quotidien 01.07.2019
Les récents événements n’auront pas manqué de souligner le courage des bénévoles de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, au rang desquels on compte de nombreux professionnels de santé, comme Marina, infirmière à Lézignan Corbières, dans l’Aude. Rencontre.

Bénévole au sein de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) depuis trois ans, Marina exporte son savoir-faire infirmier sur un territoire peu courant pour nous libéraux : le large, c’est à dire au-delà de la bouée des 300 mètres ! Rencontre avec Marina, une passionnée qui, du haut de ses 27 ans, nous livre un témoignage fort et un bel exemple d’engagement de la profession au service de patients… malgré eux !

Membre d’une famille de marins pêcheurs, l’appel de la mer n’aura pas tardé à se faire entendre. Marina, 27 ans et infirmière depuis quatre ans, cumule depuis déjà trois ans son emploi d’infirmière hospitalière avec une autre activité « essentielle à son équilibre » : bénévole au sein de la SNSM française, la société nationale de sauvetage en mer. Mais quand elle évoque ses missions au sein de cette société maritime, plus que d’une activité, c’est d’un « engagement » au service d’une passion « et surtout au service des autres », dont elle parle. Un point commun avec son conjoint, Georges, puisque lui aussi est bénévole. Tous les deux interviennent au sein de la station de Gruissan.

« Mon père ayant travaillé en mer toute leur vie j’ai été, très jeune, consciente des dangers que l’on peut rencontrer en Méditerranée et de la situation de détresse dans laquelle un individu peut se retrouver. Du coup, m’investir pour porter assistance à autrui, ça me paraît tout à fait normal », explique la jeune femme en préambule de notre rencontre.

Formée pour intervenir en plein mer, passée la bouée des 300 mètres (et jusqu’à 10 miles nautiques), c’est à bord d’une Vedette de type 2 qu’elle intervient avec quatre ou cinq canotiers bénévoles, pour porter secours et assistance aux nageurs perdus et épuisés, aux marins et  plaisanciers souffrant d’une avarie moteur, ou encore aux véliplanchistes, kitesurfers et autres sportifs des mers, amateurs comme professionnels, piégés par un défaut sur leur équipement (etc.) et en demande d’assistance. Sa zone de couverture : Gruissan, Saint-Pierre la Mer et Narbonne Plage.

Infirmière embarquée… et couteau suisse !

Si elle intervient la plupart du temps pour des problèmes d’ordre technique ou mécanique (remorquages, par exemple), sa formation d’infirmière se révèle précieuse dès lors qu’elle se retrouve, par exemple, confrontée à des individus état de choc ou en hypothermie. « C’est le cas le plus fréquent », explique-t-elle. « On est tous formés aux premiers secours, mais le fait d’être infirmière professionnelle me donne de l’assurance quand on doit agir, ainsi, en urgence. Et puis, ça rassure aussi le coordinateur de la station de savoir qu’en cas d’urgence vitale ou médicale, il y a un professionnel de santé embarqué sur la mission », explique-t-elle.

Il y a urgence !

En situation, les réflexes prennent immédiatement le pas : prise de bilan circonstanciel, analyse des paramètres vitaux, suivi de l’état neurologique, recueil des données essentielles à l’établissement d’un rapport précis à remettre ensuite aux pompiers et aux urgentistes présents sur la terre ferme… « Il faut être précis et efficace», estime la jeune femme, expliquant avoir obtenu une autorisation exceptionnelle : celle de disposer, dans sa trousse, d’un kit de perfusion,  très utile pour soigner un patient à l’état de déshydratation avancé. « Normalement, ce type d’équipement ne fait pas partie de la liste autorisée, mais j’ai justifié ma demande avec des arguments sincères et raisonnés, expliquant que je disposais de l’expertise nécessaire pour apporter ce soin de premier recours », explique la jeune femme. A noter qu’un défibrillateur cardiaque est aussi présent à bord.

Souvenirs d’intervention

Un samedi soir, un équipage SNSM de la station d’Agde est envoyé de toute urgence en mer pour récupérer un père et sa fille, atteinte de trouble psychiques, qui a sauté par-dessus bord. Lui, a plongé pour la secourir, sans toutefois y parvenir. Il est 22H, il faut nuit noire. Premier challenge : tenter de les localiser dans l’obscurité. Intervenir, ensuite, au plus vite en portant assistance à deux personnes en simultané. Evaluer leur état de détresse, enfin, et porter les premiers gestes : rassurer, réchauffer, hydrater… Retour à la capitainerie et transmission du rapport. Fin de mission. « On doit aussi faire face à des aspects plus inattendus comme par exemple gérer l’inquiétude ou la détresse des proches », confie Marina, qui, si elle n’a pas pris part à l’intervention évoquée à l’instant, se souvient d’une autre tout aussi marquante : le jour où elle a passé près de 4h en mer dans des conditions météorologiques exécrables à rechercher deux véliplanchistes, un père et fon fils, disparus en mer. L’alerte avait alors été lancée par une mère de famille morte d’inquiétude. « On commençait à désespérer quand on a finalement réussi à les repérer », se souvient Marina.  Repêchés in extremis, mais en état de choc, les deux hommes avaient pu être secourus à temps.

Des exemples comme ceux-ci, Marina en a plein. Quand on lui demande, en conclusion, quelles sont les raisons qui la conduisent à cumuler de front, deux activités aussi engageantes que sa carrière d’infirmière et ses missions de bénévoles, quand de nombreuses jeunes femmes, à 27 ans, préfèrent profiter de leur temps libre pour se divertir, Marina n’a qu’une réponse : la passion. En cela, est-elle vraiment différente de nombreux d’entre nous, IDEL, qui contre vents et marées, parfois, maintiennent le cap ?

Un numéro d’urgence à connaître, le 196  

(Ou le canal 16 pour les communication radio VHF)

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