Décret infirmier du 24 décembre 2025 : une évolution structurante de l’exercice infirmier !

Publié le Mardi 6 janvier 2026

L’URPS vous informe des grandes avancées apportées par décret infirmier du 24 décembre 2025 et salue le travail qui a débuté il y a plus de 20 ans !

Publié le 26 décembre dernier, le décret n°2025-1306 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d’infirmier vient actualiser en profondeur le cadre réglementaire de l’exercice infirmier.

Il constitue une étape importante dans la reconnaissance des compétences, de l’autonomie professionnelle et du rôle central des infirmiers dans le système de santé, en cohérence avec l’évolution des besoins de la population et des organisations de soins.

Les points clefs à retenir

Une reconnaissance explicite de la consultation infirmière

Le texte inscrit désormais clairement dans le Code de la santé publique la consultation infirmière. Cette reconnaissance marque une avancée majeure dans la lisibilité et la légitimité de l’expertise infirmière auprès des patients et des autres professionnels.

Une ouverture encadrée à la prescription infirmière

Le décret pose le principe de la prescription par l’infirmier de certains produits de santé et examens complémentaires, dans son champ de compétences.

Un rôle propre consolidé

Le rôle propre infirmier est renforcé, avec la possibilité d’initier, conduire, évaluer et adapter des soins infirmiers jugés nécessaires, dès lors qu’ils relèvent de listes définies réglementairement. Le décret reconnaît également la capacité des infirmiers à élaborer et mettre en œuvre des protocoles de soins relevant de leur initiative, en lien avec les équipes pluriprofessionnelles.

Une clarification des situations d’urgence et de coopération

En situation d’urgence, l’infirmier est conforté dans sa capacité à mettre en œuvre des protocoles de soins d’urgence et à prendre les mesures conservatoires nécessaires dans l’attente d’une prise en charge médicale.

Une évolution mais ce n’est que le début

Le pilier reglementaire : 1/3 du chemin accompli !

Pour être effectives, ces avancées majeures pour la profession demeurent conditionnées à la publication d’arrêtés d’application prévus par le décret, concernant notamment la liste des actes relevant du rôle propre infirmier et la liste des produits de santé et examens complémentaires pouvant être prescrits.

Le parachèvement de ces avancées repose sur trois piliers indissociables, le pilier réglementaire avec la publication récente du décret (Reste à paraitre les arrêtés, au plus tard le 30 juin 2026), le pilier financier et le pilier organisationnel.

A venir :

Le pilier financier

C’est le point décisif pour rendre l’acte viable au quotidien. Seuls les syndicats professionnels ont la légitimité et la capacité de négocier avec l’Assurance Maladie afin d’obtenir un modèle économique adapté (valorisation, cotation, conditions de prise en charge). Ce sera pour 2026.

Le pilier organisationnel

C’est la “mise en route” par la profession, nous les infirmiers.ères : la mise en oeuvre concrète pour déployer les nouveaux actes sur le terrain dans nos cabinets, à savoir la construction d’une stratégie commune, le partage des repères, des outils et des modalités de mise en œuvre.

C’est à ce stade que votre URPS peut agir, et nous le faisons, Certificats de décès, Bilan de prévention, mise en place de la Vaccination ….

Ces trois piliers sont indissociables : s’il en manque un, alors rien ne se passera dans nos cabinets !

Exemple : la consultation et le bilan de prévention.

Les infirmiers disposent du cadre réglementaire (Pilier 1) et d’un modèle économique (Pilier 2), 30 € par consultation.

Mais ce qui manque encore, c’est souvent l’organisation : comment intégrer réellement le bilan de prévention dans nos pratiques, avec des méthodes, des parcours, une articulation territoriale et des modalités opérationnelles partagées.

C’est précisément là que les URPS jouent un rôle central : organiser le déploiement sur les territoires et accompagner la mise en place concrète des nouveaux actes.

L’URPS des infirmiers restera pleinement mobilisée pour, informer la profession et vous aider à transformer ces évolutions en concret dans vos cabinets, c’est notre priorité.

Car c’est ainsi que l’on construira des cabinets infirmiers modernes : utiles aux patients, efficaces pour les territoires… et praticables au quotidien (oui, même les jours de tournée “Tetris”).

Et la cerise sur le gâteau ? Des cabinets qui montent en gamme, des organisations qui tiennent la route, et, soyons fous : une vie pro qui s’épanouit… et des chiffres d’affaires qui sont à la hauteur de notre engagement : plus robustes.

Jean-François BOUSCARAIN
Président de l’URPS Infirmiers d’Occitanie