Les chiffres sont inquiétants : retour de la coqueluche et de la rougeole en Occitanie en 2024, augmentation de la défiance vaccinale avec 4 Français sur 10 déclarant « douter de la sécurité des vaccins proposés » (et 17 % de nos concitoyens allant jusqu’à douter de leur efficacité…) et en Occitanie, seulement 1 200 IDEL formés à la prescription vaccinale pour un peu plus de 13 000 infirmiers libéraux en exercice.
Notre URPS a décidé de réagir en constituant une Commission de travail dédiée au sujet de la vaccination.
Son objectif : identifier les freins à la vaccination pour mieux les lever. Repérer aussi les moteurs de croissance pour donner de l’élan aux campagnes de vaccination nationales autant, d’ailleurs, que pour inscrire la vaccination comme un réflexe chez nos patients, mais surtout chez nous soignants.
Notre défi 2025 : passer de 10 % de « formés » dans nos rangs à 25 % et donc de 1 200 infirmiers prescripteurs-administrateurs à 3 250.
Retrouvez dans ce dossier tout ce qu’il faut savoir sur la vaccination infirmière (les compétences vaccinales ; les obligations qui vous incombent ; les modalités de facturation de l’acte d’injection) mais aussi des outils pratiques et nos recommandations.

Prescrire, administrer : que dit le Code de Santé Publique ?
Les textes publiés au Journal officiel du 9 août 2023 élargissent les compétences vaccinales des infirmiers chez les personnes de 11 ans et plus. Les infirmiers sont désormais autorisés à prescrire l’ensemble des vaccinations mentionnées dans le calendrier des vaccinations selon les recommandations figurant dans ce calendrier, sous réserve d’avoir suivi une formation à la prescription et d’avoir déclaré cette nouvelle activité à l’autorité compétente du Conseil de l’ordre des infirmiers dont ils relèvent.
Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), les infirmiers peuvent prescrire et administrer l’ensemble des vaccins du calendrier vaccinal, en plus des vaccins contre la grippe saisonnière, aux personnes âgées de 11 ans et plus.
A NOTER : L’acte d’injection pour des personnes non ciblées par les recommandations n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie.
Exceptions
- Les vaccins vivants atténués (rougeole, oreillons, BCG par exemple) chez les personnes immunodéprimées, ne peuvent être prescrits ou administrés par un infirmier.
- Les infirmiers ne peuvent pas non plus vacciner les personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure.

Les conditions préalables pour pouvoir prescrire
Pour pouvoir prescrire, les infirmiers doivent suivre une formation théorique de 10 h 30, s’ils n’ont pas déjà reçu les enseignements spécifiques lors de leur formation initiale.
Le contenu pédagogique de cette formation est fixé par l’arrêté du 8 août 2023, est dispensée par les organismes ou structures de formation habilités comme l’ANDPC.
A l’issue de la formation, l’organisme dispenseur vous délivrera une attestation officielle à transmettre impérativement à l’Ordre Infirmiers.
A noter : l’infirmier.ière est dispensé.e du suivi de ladite formation lorsqu’il ou elle prescrit uniquement les vaccins contre la grippe saisonnière ou la covid-19 (Décret n°2024-1132 du 4 décembre 2024 - art. 1).
Vaccination et traçabilité
La vaccination ou la proposition de vaccination est un acte de soin qu’il est important de pouvoir tracer dans le dossier du patient, son carnet de santé ou le carnet de vaccination et son dossier médical partagé (DMP).
A défaut d’inscription, l’infirmier porte les mêmes informations dans le dossier de soins infirmiers (DSI) et délivre à la personne vaccinée une attestation de vaccination qui comporte ces informations.
En l’absence de DMP et sous réserve du consentement de la personne vaccinée, l’infirmier transmet ces informations au médecin traitant. La transmission de cette information s’effectue par messagerie sécurisée de santé lorsqu’elle existe.
Les actes de vaccinations peuvent peuvent être conjointement renseignés par le professionnel de santé depuis le site dmp.fr/web/dmp/ps ou depuis son logiciel métier mais aussi par lʼusager dans son profil médical.
- Comment renseigner les informations relatives à la vaccination dans Mon espace santé ? CONSULTEZ LA FICHE
- Le carnet de santé ou le carnet de vaccination papier : Le carnet de santé est établi au nom de l’enfant.. Les pages du carnet de santé consacrées aux vaccinations peuvent tenir lieu de certificat de vaccination, à condition que la mention de la vaccination concernée soit datée et signée par le professionnel de santé l’ayant pratiquée et que le nom et l’adresse de ce professionnel de santé soient indiqués. Pour les adultes, le carnet de vaccination peut remplacer le carnet de santé en cas de perte de ce dernier. Il est disponible gratuitement à la commande sur le site de Santé Publique France
Important
N’oubliez pas de déclarer au centre de pharmacovigilance les effets indésirables portés à sa connaissance, susceptibles d’être dus au vaccin.
Des outils dédiés proposés par votre URPS
L’URPS Infirmiers d’Occitanie a conçu différents outils qu’elle met gracieusement à la disposition des IDEL exerçant dans la région (téléchargeables depuis le site ou commandables auprès de l’URPS).
- Guide pratique de la vaccination infirmière
- Affiches "Vaccination. Protégez-vous. Prenez rendez-vous chez vous ou en cabinet"
- Questionnaire pré-vaccinal
- Ordonnance Adrénaline
- Ordonnance "bizone"
- Prise en charge de l’anaphylaxie dans le cadre d’une vaccination (bientôt disponible)
Modalités de facturation de l’acte d’injection
Les infirmiers facturent l’acte d’injection aux tarifs suivants :
- lorsque pour le vaccin le patient dispose d’une prescription établie par un autre professionnel de santé ou que la délivrance du vaccin ne nécessite pas de prescription : AMI 2,4 (7,56 €) ;
- lorsque le patient ne dispose pas d’une prescription préalable pour un vaccin à prescription obligatoire : AMI 3,05 (9,61 €).
À noter que :
- lorsqu’ils sont réalisés à domicile, ces actes de vaccination dérogent aux dispositions de l’article 11B des dispositions générales de la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) en ce qu’ils peuvent être cumulés à taux plein quel que soit le coefficient du ou des actes éventuellement associés ;
- le supplément grippe est supprimé (AMI 1).
- Lors de la facturation de l’acte d’injection, l’infirmier doit renseigner la zone prescripteur. Lorsqu’il facture un acte d’injection sans prescription médicale préalable, l’infirmier renseigne son propre numéro d’Assurance Maladie à la place du numéro du médecin.
Si la facturation des soins est réalisée :
- via une feuille de soins sécurisée, il est préconisé de joindre un document mentionnant : "prescription et administration du vaccin par un.e IDE".
- via une feuille de soins papier (FSP) : l’infirmier devra transmettre sous SCOR la FSP ou l’adresser par courrier à sa caisse d’assurance maladie.
Pour la facturation de l’injection du vaccin antigrippale, les modalités de facturation sont expliquées dans le mémo Grippe – Infirmiers disponible en téléchargement sur la page « Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière ».
