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ROR National 2026 : et nos infirmiers dans tout ça ?

ROR National 2026 : et nos infirmiers dans tout ça ?

Notre région est désignée territoire pilote pour la bascule vers le référentiel national de l'offre de soins. Une chance, mais aussi une responsabilité directe pour chaque infirmier libéral d'Occitanie.

Occitanie, région pilote : le compte à rebours est lancé

La région Occitanie n'est pas un simple observateur de la réforme du Répertoire Opérationnel des Ressources (ROR). Elle en est le premier terrain d'expérimentation nationale. Désignée région pilote pour le passage au ROR national, l'Occitanie va montrer la voie au reste de la France — avec un calendrier serré et des enjeux concrets pour tous les professionnels libéraux, dont les infirmiers.

🗓 Juin 2026  Bascule capacitaire (Saisie exclusivement dans le référentiel national)

🗓 Juillet 2026 : Bascule de l'offre (L'outil régional occitan ne sera plus accessible)

À partir de ces dates, toute saisie se fera exclusivement dans le référentiel national. L'outil ROR régional occitan sera définitivement fermé. Le GRADeS e-santé Occitanie travaille depuis plusieurs mois à préparer cette transition technique : connexion des outils consommateurs, révision des comptes utilisateurs, reprise automatisée des données établissements… Le défi est réel. L'Occitanie est l'une des régions où les déserts médicaux pèsent le plus lourdement sur le quotidien des habitants. Le Projet Régional de Santé 2023-2028 de l'ARS Occitanie en a fait une priorité explicite : garantir un accès effectif aux soins pour tous, partout sur le territoire. Or, si le répertoire censé recenser cette offre reste lacunaire, c'est tout le système d'orientation des patients qui navigue à vue.

Ce qui est vrai pour les établissements hospitaliers l'est encore plus pour les professionnels libéraux (et notamment les infirmiers) qui assurent le premier recours pour des centaines de milliers de patients en Occitanie.

Le ROR national : une promesse de quinze ans qui se concrétise — enfin

Le Répertoire Opérationnel des Ressources existe depuis 2007. Sa vocation : recenser l'intégralité de l'offre de soins sur un territoire donné — établissements sanitaires, structures médico-sociales, cabinets libéraux. L'Agence du Numérique en Santé (ANS) vient d'annoncer son passage à l'échelle nationale : à partir du troisième trimestre 2026, le ROR régional s'effacera au profit d'un référentiel national unique, centralisé et sécurisé. Sur le papier, c'est exactement ce que les professionnels de santé libéraux réclament depuis des années. 81 % des établissements et services médico-sociaux sont référencés. Les chiffres sont encourageants pour le secteur institutionnel. « Mais pour les professionnels libéraux — infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures-podologues… — la situation reste bien en deçà. Ce sont pourtant eux qui assurent le premier recours pour des millions de Français », réagit Jean-François Bouscarain, président de l’URPS ILO, en écho à la tribune publiée le 23 mars par l’AIUF. Son président Yvan Tourjansky, n’y allant pas par quatre chemins : « Au-delà de l'annonce institutionnelle, l'AIUF appelle à regarder la réalité en face : entre le possible et le réel, il y a un gouffre que ni les annonces ni les calendriers ne comblent seuls », écrit-il.

Le problème du « dernier kilomètre »

Il poursuit : « L'AIUF n'est pas venue à ce dossier sans légitimité. Depuis 2014, les présidents de plusieurs URPS réclamaient que les professionnels libéraux puissent décrire leur activité dans le ROR, comme n'importe quel commerce le fait naturellement sur les plateformes numériques ».

C'est la notion centrale de la tribune de l'AIUF, que nous, infirmiers d’Occitanie, partageons. En clair, on bâtit un référentiel national, on aligne les acronymes — ROR, RPPS, e-CPS, Ségur — mais l'orientation effective du patient, elle, n'est pas assurée pour autant. Pourquoi ? Parce qu'un référentiel n'est vraiment national que si chaque professionnel concerné y figure réellement.

Jean-François Bouscarain : « L'addition d'initiatives locales, aussi louables soient-elles, ne fait pas un système. Une mosaïque de démarches volontaires ne remplace pas une politique d'intégration structurée, outillée, financée. Combien de cabinets infirmiers sont aujourd'hui absents du ROR ? Combien de patients sont orientés vers des professionnels indisponibles, ou ignorent l'existence de soignants qualifiés à quelques rues de chez eux ? Ces questions méritent des réponses chiffrées, pas des promesses de trajectoire ! »

Yvan Tourjansky : « L'AIUF est claire : la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les soignants eux-mêmes. Oui, chaque professionnel de santé doit s'assurer de sa présence dans le ROR, c'est une évidence. Mais l'État et les agences régionales ont aussi des obligations :

1.     Simplifier l'accès à la plateforme : rendre la démarche d'inscription et de mise à jour réellement accessible aux professionnels libéraux, sans bureaucratie inutile.

2.     Garantir l'interopérabilité des outils métier : les logiciels utilisés au quotidien par les infirmiers doivent pouvoir alimenter le ROR sans double saisie.

3.     Accompagner les professions encore peu matures réglementairement : un déploiement à géométrie variable ne peut pas être le résultat final d'une réforme nationale.

 

Jean-François Bouscarain : « Pour les infirmiers d'Occitanie, l'heure est venue d'être visibles. L'Occitanie porte une double responsabilité : celle d'une région pilote, et celle d'un territoire où les déserts médicaux rendent l'orientation des patients particulièrement critique. Si le ROR national tient sa promesse, il pourrait devenir un outil réel pour connecter patients et soignants sur tout le territoire, y compris dans les zones les plus rurales de notre région. Mais cette promesse n'a de sens que si les infirmiers libéraux d'Occitanie y figurent vraiment, dès le départ. La bascule se fera en juin et juillet 2026. C'est maintenant qu'il faut agir : vérifier sa présence sur le ROR, compléter ou mettre à jour sa fiche, et s'assurer que son offre de soins est visible pour les patients qui en ont besoin. Le « dernier kilomètre » dont parle l'AIUF, c'est aussi notre responsabilité à tous. Ne laissons pas cette chance se transformer, une nouvelle fois, en belle carte sur le papier ».

 

URPS des infirmiers libéraux d'Occitanie

Union Régionale des Professionnels de Santé Infirmiers Libéraux d'Occitanie

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